Pour faire économiser 450 millions d’euros à la Sécurité sociale, le gouvernement va augmenter divers « forfaits » facturés aux patients – remboursés par les complémentaires santé pour ceux qui en disposent – en cas d’hospitalisation ou de passage aux urgences.
Quatre arrêtés et un décret – révélés par le média Contexte et obtenus lundi 23 février 2026 par l’AFP – seront prochainement publiés, a précisé le cabinet de la ministre de la Santé.
Dès le 1er mars, le « forfait journalier hospitalier », somme laissée à la charge des patients hospitalisés au titre des « frais d’hébergement et d’entretien », passera ainsi de 20 à 23 euros par jour.
En cas d’hospitalisation dans un service de psychiatrie, le forfait qui était fixé jusqu’ici à 15 euros grimpera à 17 euros.
De même, le « forfait patient urgences » (FPU), facturé pour un patient qui passe aux urgences sans être hospitalisé, passera de 19,61 euros à 23 euros.
« Ticket modérateur »
En outre, au 1er avril, la « participation forfaitaire » facturée en cas de soins lourds et coûteux – notamment ceux dont le prix dépasse 120 euros – s’élèvera à 32 euros, contre 24 euros précédemment.
Certains patients sont exonérés, comme les femmes enceintes en fin de grossesse, les nouveaux-nés, ou encore les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S, ex-CMU).
Le « ticket modérateur », qui varie en fonction de la nature de la prise en charge et dont les personnes en affection longue durée sont exonérées, augmentera aussi.
Dans les faits, ces montants sont presque systématiquement pris en charge par les complémentaires santé, en particulier dans le cadre des « contrats responsables », contrat-type soutenu fiscalement par l’État et plébiscité par les assureurs et patients.
Mais environ 4 % des Français, soit 2,5 millions de personnes, ne disposent pas de complémentaire selon la direction statistique des ministères sociaux (Drees), et doivent s’acquitter eux-mêmes des forfaits. Ce chiffre grimpe à 12 % pour les 10 % de Français les plus pauvres.
Dans un communiqué, l’Unsa dénonce une décision « profondément injuste et socialement irresponsable ». Elle frappera « tous ceux qui sont juste au-dessus du seuil de pauvreté, des plafonds » pour bénéficier de la C2S, « et qui n’ont pas de complémentaire », déplore auprès de l’AFP le secrétaire général adjoint de l’Unsa Dominique Corona. Les prix des complémentaires vont aussi mécaniquement augmenter, a-t-il ajouté.
Deux fois plus élevé pour les ménages modestes
Selon une récente étude de la Drees, rappelle le syndicat, pour tout déremboursement partiel de soins par l’Assurance maladie (hausse des franchises médicales, des participations sur les médicaments…), « le coût rapporté au revenu est deux fois plus élevé pour les ménages modestes ».
Les économies pour la Sécu s’élèveront à 400 millions d’euros en 2026 et 450 millions en « année pleine », a précisé lundi le cabinet de la ministre de la Santé. Les organismes complémentaires « étaient informés » au moment du vote du budget de la Sécu en décembre, a-t-il ajouté.
Pour le ministère, cette mesure va « corriger » la diminution, ces dernières années, de « la part des complémentaires dans le financement de l’hôpital » et sera « indolore » pour la plupart des assurés.
Source de l'article : Paris-Normandie